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Le réseau national

Plateforme et modalités de fonctionnement

mardi 9 mai 2006 par Administrateur

I- Plateforme politique de TRANS’FORM’ACTION

1. Le but et terrain spécifique de « trans’ form’action » est la transmission de l’histoire vivante des luttes, pour une formation issue de / tournée vers l’action, individuelle et collective pour des droits égaux »

2- Le projet est né du travail et de l’engagement associatifs où de premières rencontres se sont produites, le constat d’une richesse étouffée - essentielle pour l’avenir -, d’un éclatement, éparpillement de l’activisme qui laisse rarement le temps de la réflexion, de l’approfondissement, de l’échange, de la mutualisation des expériences, des rapprochements - ou de la compréhension des différences. Nous avons pris conscience qu’au-delà du constat, il était urgent ENSEMBLE de décloisonner nos luttes, de globaliser notre compréhension, de se coordonner nationalement, de s’organiser régionalement afin d’agir localement. TransFormaction veut être un espace favorable à de tels rapprochements à partir de l’élaboration d’un véritable outil commun de conscience politique et citoyenne par et pour les luttes et les expériences que nous menons au quotidien, dans un rejet commun des discriminations, de la ghettoïsation et du racisme sous toutes ses formes avec l’objectif d’une société égalitaire, du local au planétaire.

3- La « trans’form ‘action » implique une démarche pluraliste d’analyse critique des échecs et des apports de toutes les expériences à prétention universaliste, et des résistances aux oppressions qu’elles ont portées. Elle vise un universalisme produit de luttes, qui ne soit pas abstrait et auto-proclamé, cachant de fait des rapports de domination ; ce qui impose aussi une approche critique des « savoirs » dominants qui légitiment de tels rapports.

C’est dire que nous avancerons sans maître à penser, le plus collectivement possible,
-  en combattant l’illusion d’une « formation neutre » sur les enjeux de sociétés ;
-  en rendant visibles, explicites les critères et éclairages proposés ;
-  en préparant de façon collective les formations, les discussions critiques qu’elles visent à stimuler, les bilans que nous en tirerons ensemble :

4- Notre priorité est la trans’form’action dans les quartiers et couches les plus défavorisées Ce qui soulève plusieurs défis et un enjeu majeur de notre projet :
-  Le premier défi : répondre à l’éviction pure et simple des couches populaires de l’accès au savoir, ou aux difficultés pour elles d’y accéder. L’émergence de l’éducation populaire a répondu à la volonté de corriger cette inégalité. Elle l’a fait dans une perspective politique : le savoir est une arme, ceux et celles qui en sont privés sont pénalisé-e-s, notamment dans leurs luttes. Ce défi est très actuel : les orientations précoces et sans perspectives pour les jeunes des quartiers populaires, les nouvelles lois qui abaissent l’âge de la scolarité obligatoire, la discrimination dans les parcours scolaires et de formation notamment, montrent que l’accès au savoir et à la possibilité de « faire des études » reste un privilège. Répondre à cette situation en se dotant d’un outil de formation indépendant et ancré dans les luttes locales est une des priorités de notre projet.
-  Le second défi est de prendre en compte et valoriser l’émergence et la reconnaissance des savoirs non reconnus et disqualifiés, savoirs populaires, souvent critiques, alternatifs, voire subversifs. Ces savoirs sont le produit de la confrontation, de la résistance, des luttes, de la solidarité, du refus. L’université et l’école au sens large n’accordent qu’un faible crédit à ce savoir là, voire pas du tout. L’expertise populaire dont ils sont détenteurs, le plus souvent sans le savoir, n’est ni sollicitée, ni nourrie, elle est ignorée délibérément. Car celles et ceux qui produisent ces savoirs sont rarement reconnu-e-s comme auteurs, penseurs, intellectuel-le-s ; ils ne se vivent d’ailleurs pas comme tel-le-s, ne le revendiquent pas tant ils sont convaincu-e-s que la théorie est ailleurs, à l’université par exemple. Il arrive même qu’ils soient dépossédés de leurs acquis par les habitués de la parole et de l’écrit et que de sujets ils deviennent objets de connaissance. C’est très souvent le cas dans les dispositifs de rénovation urbaine : les habitants, de sujets de droit d’une histoire qui les concerne, la transformation de leur quartier, sont appréhendés comme des objets d’étude par les experts.

5 - Sans être un « mouvement politique » au sens classique, notre démarche et nos objectifs indiqués ci-dessus constituent la plate-forme politique, le cadre d’orientation politique explicite de la « trans’ form’action » proposée ; cette plate-forme, ensemble avec un mode de fonctionnement transparent et pluraliste sont les seuls « garants » contre des endoctrinements et des rapports de pouvoir cachés... Ils se traduisent (et sont susceptibles d’être ajustés, en fonction de l’expérience), sous forme de modalités d’application. L’ensemble guidera l’éventuel dépôt de statuts des collectifs régionaux ou/et du projet national, en fonction de notre jugement sur son opportunité.

II- Modalités

1- L’engagement dans Trans’form’action est individuel - tout en respectant et en reconnaissant en chaque individu son parcours, son expérience, son histoire à multiples facettes collectives - à partir du moment où il/elle adhère à la plate-forme et n’en dénature pas l’éthique par ses prises de position. Les individus peuvent donc être membres d’associations diverses, en toute transparence, et y apporter leur expérience, sans engager ou « représenter » ces associations dans le projet en tant que telles.

2- L’enjeu collectif de la démarche de transformaction est aussi d’expliciter cet implicite qu’apporte chacun/e, de nous en enrichir réciproquement - ce qui impose une attention particulière aux rapports de pouvoir involontaires, associés aux inégalités sociales de savoirs, de genre, « d’origines », de cultures (au sens large)... C’est un autre regard sur le monde qui peut en émerger. Né de l’action, il remet en cause le formatage de la pensée et participe à la construction d’un autre mode d’analyse des enjeux sociaux et d’une autre manière d’y répondre.

3- L’impératif de la diversité et de la pluralité est fondamental : diversités de genre (homme/femme), culturelle, d’expériences politiques mais aussi les diversités géographiques et générationnelle :
-  la mise en place de collectifs régionaux doit assurer cette diversité et l’ancrage social du projet ;
-  les instances nationales du projet doivent donc avoir une dimension fédérative de ces collectifs régionaux (chacun de ceux-ci étant représenté par au moins deux personnes) ;
-  il faut envisager et rendre possible des liens avec des réseaux similaires dans d’autres pays (européens, notamment)...

4 - Cette diversité doit rester cohérente avec l’esprit du texte d’appel du 17 décembre 2005 et de la plate-forme qui sera adoptée lors de l’assemblée constitutive : c’est ce qui donne au projet son « orientation politique », en veillant qu’il ne quitte pas le terrain pour lequel il est fonctionnel - « trans ‘form’action’ : il n’est donc pas doté d’une « direction politique » prenant des positions publiques, mais seulement d’instances d’élaboration et coordination des outils de « trans’form’action » :
-  centre de ressources et documentation (avec divers supports) sur l’histoire vivante des luttes (ou mise en réseau des ressources existantes) ;
-  collectifs de formation, tournés vers/issus de l’action - liés à des associations ;
-  sites de mise en réseau de l’information sur les activités nationales et régionales, et des ressources de formation , etc...
-  recherche de moyens de financements pour ces activités.

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